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Techniques de l’Aikido

Techniques de l’Aikido

Introduction à la pratique de l’Aikido

 

L’aïkido est pratiqué par des femmes et des hommes de toutes tailles et âges. Le but de la pratique est de s’améliorer, de progresser (techniquement, physiquement et mentalement) dans la bonne humeur (Morihei Ueshiba insistait beaucoup sur ce point). Ne sont montrées que des techniques respectant le partenaire. Particulièrement complexe, son utilisation en combat réel nécessite un haut niveau de pratique. De plus si les techniques restaient basées sur l’académisme classique, elles étaient adaptées à un style combatif.

L’aïkido n’est donc pas un moyen pour apprendre à se battre mais permet de se préparer autant physiquement (souplesse, rapidité, musculature), mentalement (rester calme en toutes circonstances) que techniquement (respecter la distance de sécurité, trouver l’ouverture, se placer, gérer plusieurs attaques simultanées) à l’éventualité d’attaques de toutes sortes (et pas seulement des attaques codifiées).

Il existe différents styles d’aïkido répondant à différentes aspirations. Le style le plus répandu est celui initié par le propre fils du fondateur, Kisshomaru Ueshiba, style connu sous le nom d’Aikikai.

Cependant, pour comprendre l’existence d’écoles différentes, il faut prendre en compte le fait que le fondateur de l’aïkido a créé cet art martial et l’a développé tout au long de sa vie. L’évolution des techniques s’est faite jusqu’à la mort de Morihei Ueshiba qui eut de nombreux émules, des disciples qui ont donc propagé la technique d’un aïkido en perpétuelle évolution. Le fils du fondateur qui ne reçut que temporairement l’enseignement que son père ne cessa d’offrir à d’autres, ne pratique donc pas nécessairement la même technique que ces autres disciples. Il en est ainsi des autres maîtres, ce qui explique les différentes écoles. Ce n’est surtout pas un sport, mais une façon d’appréhender l’homme. Même s’il fut un soldat patriotique et brillant, le fondateur de l’aïkido fut également un pacifiste convaincu, bien qu’il existe quelques controverses. 

RICHESSE DE COMBINAISON

« Il y a environ 3 000 techniques de base et chacune d’entre elles a 16 variantes¦ ainsi il en existe quelques dizaines de milliers. Et selon la situation, vous en créez de nouvelles. »

Morihei Ueshiba

Omote et ura  

La plupart des techniques peuvent être réalisées selon deux variantes. Le terme omote désigne les techniques exécutées en entrant face à l’adversaire et ura celles exécutées en entrant derrière l’adversaire. Elles correspondent à des possibilités différentes selon l’attaque du partenaire et également à un état d’esprit particulier.

Les techniques omote augmentent donc le risque car elles exigent d’entrer dans l’attaque de l’adversaire. Leur réussite requièrent souvent de porter, généralement de manière symbolique, un atemi (un coup) pour déséquilibrer l’adversaire, le surprendre, le forcer à réagir.

Irimi et tenkan

C’est le mouvement des hanches (koshi) de tori qui constitue le principal moteur des techniques, que ce soit pour s’approcher (irimi, « entrer ») ou pour tourner (tenkan). En effet, c’est au niveau des hanches que se situe le centre de gravité d’une personne se trouvant dans une position stable. Le reste du corps (torse, bras) ne sert qu’à relier les hanches de uke à celles de tori pour leur transmettre le mouvement et provoquer la chute. Dans la symbolique japonaise, c’est le seika tanden (le « centre des énergies », situé dans le ventre hara, donc associé aux hanches) de tori qui est le centre du mouvement.

Tous les mouvements ont donc une combinaison irimi-tenkan. La rotation (tenkan) est parfois appelée tai sabaki (rotation du corps) ou koshi sabaki (rotation des hanches, puisque le mouvement du corps est en fait le mouvement des hanches).

Les techniques peuvent utiliser entre autres :

uniquement le principe irimi : tori se rapproche de uke ce qui lui permet d’esquiver l’attaque (l’attaque passe «  derrière  » tori) et de le déséquilibrer (de «  prendre son centre  ») ; ce sont les techniques les plus directes, mais aussi les plus compliquées à mettre en Å“uvre, le principal défaut des débutants étant leur tendance naturelle à entrer en utilisant la force ;

uniquement le principe tenkan : le corps s’efface, laissant passer l’attaque, et tori guide uke ; uke suit une trajectoire circulaire dont le centre est tori ;

une combinaison irimi-tenkan : tori entre puis pivote ;

une combinaison tenkan-irimi : tori pivote, puis entre pour prendre le centre de uke.

Richesse des combinaisons â takemusu aiki

Il n’existe qu’un nombre relativement réduit de principes techniques, mais chaque technique peut se faire à partir d’une prise ou d’un coup différent de la part de uke, en omote ou en ura (mais pas toujours), debout ou à genoux. Ainsi, le nombre de situations est en fait important, sans compter la possibilité, à haut niveau, de changer de technique en cours de route (oyo henka waza), ou bien de retourner la situation (kaeshi waza, uke reprend l’avantage et devient tori).

Par ailleurs chaque technique peut posséder un nombre très élevé de variantes. L’exécution de beaucoup de techniques peut de plus être amenée à varier selon les niveaux de pratique. Morihei Ueshiba nommait cette richesse, cette possibilité de « création infinie », takemusu aiki. Le terme takemusu aiki désigne l’aïkido comme source de tous les arts martiaux ; non pas sur un plan historique, mais en tant qu’art contenant les éléments de base utilisés dans tous les autres arts martiaux : gestion de la posture, des distances, même si les postures et distances sont différentes dans les autres arts martiaux.

Meguri

Mise en place d’une rotation du poignet, permettant de mobiliser uke, de le diriger. Ce mouvement qui part du seka tanden (centre) est transmis par les chaînes musculaires et énergétiques. La mise en place de ce mouvement a été largement développée par Hirokazu Kobayashi (1929-1998).

Un exemple : ikkyo

ikkyo (premier principe) : levier articulaire permettant d’ammener le partenaire au sol, tori contrôle le poignet et le coude, et effectue un mouvement de coupe de sabre.

La technique fondamentale ikkyo  littéralement «  premier principe  »  est une clef de bras (levier articulaire) permettant d’amener uke au sol en contrôlant le poignet et en faisant faire un arc de cercle au coude en direction de la tête. Tout le mouvement du corps de tori est identique à celui d’une coupe au sabre. ikkyo peut se faire :

sous la forme omote : tori avance en direction de uke (irimi, tori « entre » et vient « prendre le centre » de uke), et effectue un mouvement de coupe de sabre en direction de la tête de uke ; il passe devant uke pour l’amener au sol ;

sous la forme ura : tori effectue un mouvement de coupe de sabre sur place puis pivote (tai sabaki, tenkan) ; tori se retrouve derrière uke, le déséquilibre et la rotation l’amènent au sol.

ikkyo donc peut se décliner en :

ai hanmi katate dori ikkyo omote : uke saisit le poignet opposé, tori entre (irimi) en levant les mains et fait la forme omote ;

ikkyo : formes omote (devant) et ura (derrière)

ai hanmi katate dori ikkyo ura : idem mais forme ura ;

gyaku hanmi katate dori ikkyo omote : uke saisit le poignet lui faisant face, tori entre (irimi) en portant un atemi, saisit le poignet de uke avec sa main libre puis fait la forme omote ;

kata dori men uchi ikkyo omote : uke saisit l’épaule de tori, tori frappe uke à la tête en «  piquant  » avec les doigts, uke recule le buste et bloque la frappe ; tori profite de ce déséquilibre pour pivoter (tenkan), entraînant ainsi uke, et fait la forme omote ;

suwari waza shomen uchi ikkyo omote : les deux partenaires sont à genou, uke porte une attaque à la tête, tori reçoit (pare) avec son bras et effectue ikkyo sur le bras d’attaque. 

LES COMPOSANTES D’UN MOUVEMENT

Introduction

 Les mouvements d’aïkido partent de l’attaque d’un des deux partenaires, attaque déclenchée de sa propre initiative par ce partenaire (uke) ou suscitée par le pratiquant qui va appliquer la technique (tori). Cette attaque peut consister en un coup, une saisie ou une combinaison des deux. Coups et saisies visent en général la partie supérieure du corps.

Il y a ensuite trois ou quatre parties qui se retrouvent toujours à la genèse d’une technique d’aïkido même si des variations peuvent être observées d’un style à un autre :

  • l’absorption : au moment où l’énergie de l’attaque de uke se libère (l’attaque part) tori bouge pour modifier la cible ou la trajectoire de l’attaque. C’est dans cette phase que tori s’approprie l’attaque de uke au lieu de la subir.
  • L’entrée : tori s’esquive par un pivot, avançant sur son côté, etc. Les possibilités sont nombreuses. Il peut également attaquer pour obliger uke à une réaction de défense et exploiter cette dernière par la suite.
  • Le déséquilibre : par ses déplacements et mouvements tori dirige, entretient et amplifie le déséquilibre en utilisant l’énergie cinétique et la force de celui-ci.
  • L’immobilisation ou la projection : tori projette ou immobilise uke.
  • L’immobilisation s’obtient à l’aide d’une clef (au bras, au poignet…). La projection s’obtient à l’aide de différents contrôles au niveau du corps de uke (tête, coude, poignet…) privant ou dissuadant ce dernier de toute autre issue que la chute au sol.

Les immobilisations ou osae wasa

      

   

   

       

 Les projections ou nage wasa

        

    

   

   

   

   

    

 Les Frappes ou Atemi

      

     

Les Saisies

Les techniques en aïkido sont des techniques susceptibles d’être demandées lors des passages de grades, dans un choix restreint du 5e kyu« au 1e, dans leur intégralité lors des passages de Dan. Les techniques ne sont pas propres à une attaque particulière. On peut ainsi adapter les techniques à des nombreuses attaques : seule l’entrée sera fonction de l’attaque, pour retomber sur une base connue de technique.

Les Saisies de face

  

     

   

 Les Saisies Arrières

    

   

    

 La garde: Kamae

 La garde de base en aïkido est la position hanmi (san kaku littéralement « trois points », en triangle). Le pied avant est dans l’alignement de la jambe, le pied arrière ouvert avec un angle d’environ 50° par rapport à l’axe du pied avant. Le poids est réparti sur la plante des deux pieds, les talons très légers. Dans cette position les hanches se placent naturellement de trois quart.

 Cette position est intermédiaire entre la garde iaido (les pieds sont parallèles, les hanches complètement de face) et la garde de karaté, où les hanches sont profilées pour réduire la zone d’impact et permettre d’armer les coups de pied. L’objectif de cette garde est d’obtenir une bonne mobilité dans toutes les directions.

 On rencontre également la position hitoemi . La position des jambes est similaire à hanmi, mais les pieds sont ouverts au maximum. Les hanches sont alors complètement de face. Cette position assure une plus grande stabilité, en particulier à la fin des mouvements. C’est toutefois une position peu naturelle et limitant la liberté de mouvement.

 Il n’y a pas (excepté dans le style Yoshinkan ryu) de position particulière pour les mains en aïkido. Le but principal de cette « absence de garde » pour les mains est simple : cela évite de les mettre en avant, et donc de les exposer à une éventuelle arme caché de l’adversaire (comme un couteau dans la manche). On désigne ceci par l’expression shizen tai, « position naturelle ».

 En Aikido on passe en permanence de hanmi à hitoemi à hanmi

     

Les Cours

Le fondateur de l’aïkido ne voulait pas entendre parler de compétition. L’accent est mis sur le développement complet de l’individu. Pendant les cours, les élèves observent l’enseignant faire la démonstration d’une technique et travaillent ensuite avec un partenaire pour la répliquer. Ils améliorent ainsi leur technique et leur compréhension de l’art. Le mouvement, le positionnement, la précision et le rythme sont tous des aspects importants dans l’exécution des techniques. Les élèves gagnent également en souplesse et en adaptation en les appliquant.

Les aïkidokas s’entraînent par deux. L’« attaquant » (uke, littéralement « celui qui accepte, qui chute », également appelé aite, littéralement « celui qui prête sa main ») déclenche une attaque contre le « défenseur » (tori « [celui] qui saisit », également appelé shi et parfois nage « [celui] qui projette » ou encore shite « celui qui exécute »), qui la neutralise avec une technique d’aïkido.

En général, la technique est étudiée de la manière suivante :

le professeur montre le mouvement, puis le partenaire uke attaque tori quatre fois (deux fois de chaque côté : droite et gauche alternativement), puis les partenaires échangent les rôles pour 4 nouvelles attaques et ainsi de suite. Lorsque plusieurs mouvements ont été vus à partir d’une même attaque, le professeur peut faire travailler en « technique libre » :  les rôles uke et tori ne changent pas, uke se relève après chaque mouvement et réattaque immédiatement tori qui applique la technique qu’il veut ; le placement et le mouvement du corps ainsi que l’endurance (cardio-vasculaire) sont alors travaillés. Parfois, tori est assailli par plusieurs uke, afin de travailler la réponse à une attaque de groupe (ce travail se nomme randori bien qu’il soit différent du combat libre pratiqué au judo).

Techniques debout et à genoux

introduction

Les Japonais vivaient beaucoup assis à même le sol.  Ils ont donc développé des techniques pour pouvoir faire face à une attaque alors qu’ils étaient assis. Les mouvements peuvent se faire lorsque les deux partenaires sont debout (tachi waza,), lorsque les deux partenaires sont assis (suwari waza) ou bien lorsque uke (l’attaquant) est debout et tori (le défenseur) est assis (hanmihandachi waza).

 Travail debout : Tachiwasa

 

Travail à genoux : Suwariwasa

Le travail à genou permet:

  • de renforcer naturellement la souplesse et la force des jambes ;
  • de travailler le mouvement (un principe de base est de ne pas compenser la faiblesse technique par la force) ;
  • d’expérimenter des rapports de taille et de force différents de ceux rencontrés debout ;
  • de s’obliger à garder le haut du corps à la verticale ;
  • d’obliger le travail avec les hanches plutôt qu’avec les jambes.

Mais il peut présenter un risque d’aggraver des problèmes de genou, voire d’en créer s’il est mal pratiqué.

Hanmi handachi wasa
 
Dans ce travail, uke, debout, attaque un tori à genoux. Ce travail cumule les difficultés inhérentes au travail à genoux et le fait que la position debout donne un avantage à uke en termes de puissance et de capacité de déplacement. Ce travail oblige ainsi à une grande précision dans l’obtention du déséquilibre pour tori.Rôle de l’attaquant (uke)L’aïkido insiste sur le fait que, alors que tori exécute la technique d’aïkido et sort théoriquement «  vainqueur  » de chaque rencontre, uke gagne aussi en expérience en suivant correctement la technique, en étant répétitivement «  projeté  » ou amené au sol et subissant une clef.Uke doit rester actif en permanence et toujours garder une attitude martiale, comme s’il cherchait en permanence une faille pour frapper, bloquer, ou retourner la situation ; il existe d’ailleurs des techniques de contre (kaeshi waza), uke ne pouvant retourner la situation que s’il a une attitude «  parfaite  ». La tentative d’échapper à l’action de tori est par ailleurs le moteur de certains mouvements, comme irimi nage : uke est amené vers le sol en pivotant, et lorsqu’il essaie de se rétablir, tori utilise ce mouvement pour le projeter en arrière, s’il n’essayait pas de se rétablir, uke serait en bien plus mauvaise posture puisque dans l’impossibilité de parer un atemi.

 Grâce à son travail en tant qu’uke, un pratiquant apprend indirectement les sensations de tori. Même s’il existe une certaine codification du travail d’uke, tori doit être en mesure de pratiquer l’aïkido avec des non aïkidokas.

 Concordance des énergies

L’aïkido se base sur le principe de la « concordance des énergies ». D’un point de vue martial, cela se comprend de trois manières :

Unir les énergies de son propre corps (via le seika tanden) pour agir, coordonner les bras et les jambes ; notamment, on s’attache à mouvoir les deux mains ensemble (comme si elles tenaient un sabre) en maintenant une certaine extension des bras, afin de mieux transmettre le mouvement au partenaire (par un effet de levier) et de maintenir une distance de sécurité (gestion de la distance, ma ai) ;  unir les énergies des deux partenaires: tori ne va pas s’opposer à uke mais va au contraire accompagner son mouvement, s’accorder à son rythme (gestion du rythme, autre sens de ma ai) ; alors que uke s’attend à rencontrer une résistance, il rencontre en fait le vide, et même une assistance pour poursuivre son mouvement, ce qui provoque sa chute (la sensation est similaire à une porte qui s’ouvre au moment où on essaie de l’enfoncer). Pour prendre une image : lorsque l’on étaie un mur, le mur et l’étai sont en opposition, ils se renforcent mutuellement ; de même si tori s’oppose à uke, il le renforce sur ses positions, il le stabilise, alors que s’il l’accompagne dans son mouvement, il maintient le déséquilibre ; agir comme un intermédiaire entre un état de violence et un état où la violence n’est plus : on laisse la violence se déployer où elle ne peut nuire. On peut comparer la personne qui agit de cette façon à un « passeur d’orages » : non pas celui qui empêche les orages de tomber, mais celui qui les dirige de manière à ce qu’ils ne fassent pas de dégâts. Il ne cherche pas à dominer, mais à débloquer là où il y a fixation (sur une émotion, sur la violence ou l’attaque comme telle, etc.) Après le déblocage, il ne conduit pas consciemment la violence – ce serait là une forme de domination – mais la laisse couler vers un endroit prédéterminé, où elle ne peut nuire;

On peut y voir une progression partant du niveau psychomoteur (« l’esprit et le corps », unir nos propres énergies) ; au niveau technique (s’unir avec l’énergie des autres et par là créer un vide) ; puis au niveau mental (« être » le vide, voir Budo > Budo et spiritualité).

Il serait bien sûr futile d’essayer d’« être le vide » avant d’être capable d’en créer un ou d’essayer de s’unir avec des énergies extérieures lorsqu’on n’est pas encore capable d’unir ses propres énergies internes. Un concept de progression semblable se retrouve dans l’enseignement du Tenshin Aïkido : on commence par le go dur : nos techniques sont angulaires, exécutées avec force), ensuite vient le ju ( flexible : nos techniques deviennent flexibles, on se sert de la force de l’autre) et finalement le ryu ( flux : nos techniques « coulent » comme de l’eau, on laisse passer la force de l’autre).

Pour cultiver cette notion de l’énergie, on pratique en début et en fin de séance des exercices respiratoires. Dans la symbolique taoïste, ces exercices sont là pour mettre en mouvement l’énergie vitale (le ki, qui signifie aussi le souffle).

Morihei Ueshiba était aussi un adepte de la secte shintoïste Omoto-kyo Une de ses intentions, en fondant l’aïkido, était de promouvoir la paix et l’harmonie entre les êtres, afin de créer une société meilleure. Le terme « concordance des énergies » renvoie donc également à une conception de la société où les gens coopéreraient entre eux vers la paix et l’harmonie plutôt que de s’affronter. Dans sa dimension mystique la plus extrême, il considérait l’aïkido comme une prière gestuelle, semblable aux mudra bouddhiques, associée à une prière vocale, le kotodama.

Forme, attitude, Efficacité

 L’enseignement de l’aïkido se fait essentiellement par la répétition de techniques de base. La maîtrise de chaque point d’une technique est indispensable à son fonctionnement. Le but de ces formes est aussi de travailler l’attitude. En effet, un mouvement ne peut être réussi que si : 

  • tori est toujours stable, il doit donc avoir une attitude « parfaite » (shisei)
  • tori gère les ouvertures (possibilités d’attaque) et fermetures (empêcher uke de contre-attaquer), en gérant les distances, les directions et le rythme du mouvement (maai)
  • tori coordonne ses mouvements et les harmonise pour maîtriser uke sans que celui-ci rencontre une opposition qui lui permettrait de se raffermir (aiki
  • uke est toujours en déséquilibre, ce qui implique un travail sur les directions, l’extension des bras et la continuité du mouvement (ki no nagare). 

Cette attitude est très importante et indispensable aux progrès. Dans un combat réel, un mouvement ne présentant pas la plus parfaite exactitude est inefficace. L’efficacité martiale, pour un aïkidoka, ne réside pas dans l’agressivité qui mène à la destruction, mais dans l’attitude. 

Une des manières d’évaluer la justesse martiale est de marquer des atemi (coups) (par exemple lancer la main ouverte ou le poing vers le visage du partenaire pour simuler un coup de poing) : si tori a la possibilité de frapper, c’est que son attitude est correcte, et si uke peut frapper, c’est que tori a fait une erreur. Le port de tels coups est indispensable sur certaines techniques, la réaction de uke à ce coup étant utilisée. Mais il n’est pas nécessaire de porter réellement ces coups. Certaines branches de l’aïkido vont jusqu’à supprimer le marquage des atemi ce qui n’est pas sans susciter des controverses. 

C’est ainsi que l’aïkido peut se prétendre à la fois « martial » et « non-violent » : il n’est pas nécessaire d’être violent pour être efficace martialement, l’être est même contre-productif en aïkido. 

Pour des raisons pédagogiques, les mouvements sont parfois montrés avec une grande amplitude, alors qu’en combat réel les mouvements courts sont plus efficaces (rapidité et économie d’énergie). Les mouvements se raccourcissent spontanément avec la tension nerveuse (stress) de l’agression, ils raccourcissent également au fur et à mesure de la progression du pratiquant. 

La pratique régulière et assidue de l’aïkido permet aussi de préparer un individu physiquement (souplesse, rapidité, musculature), mentalement (calme et maîtrise de soi) et techniquement (respect de la distance de sécurité, ouverture, placement, gestion de plusieurs attaques simultanées). 

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