Les Samourais
Le terme de « samouraï » ou « samurai » renvoie à un individu, appartenant à la classe des guerriers, au service d’un seigneur auquel il a prêté allégeance.
L’avènement des samouraïs est le résultat d’une longue gestation de l’histoire japonaise (du VIIIème siècle au XVIIème siècle).
Le temps des samouraïs fut d’une durée plus modeste (du début du XVIIème siècle à 1878).
Avant même la naissance de la classe des samouraïs existait celle des guerriers (bushi 武士). C’est cette dernière qui forma, avec sa prise du pouvoir, ses valeurs morales et sa culture militaire, le terreau nécessaire à la constitution de ce corps d’élite. Les guerriers japonais ont été successivement désignés par les termes « mono no fu » jusqu’au VIIème siècle avant que ne soit utilisé le terme de « bushi » (武士) à partir du VIIIème siècle. Bien que, vers le VIIIème siècle, le terme de « bushi » regroupe l’ensemble des guerriers, ce terme évoluera par la suite (vers le XVIIème siècle) pour ne désigner que les individus appartenant à une classe sociale supérieure (excluant ainsi les samouraïs). Le terme de samouraïs désigne alors (vers le XVIIème siècle) les guerriers au service du Shôgun , d’un daimyô ou d’un chef militaire.
Histoire
La caste des guerriers, formation et prise du pouvoir.L’origine des Samouraïs n’est pas clairement déterminée. Plusieurs théories s’affrontent pour expliquer l’avènement de cette classe de guerriers (population nomade, migration en provenance de la péninsule coréenne, constitution en 792 d’un corps d’élite professionnel suite à l’abandon de la conscription …).
Les premiers corps de guerriers (vers le VIIIème siècle) furent constitués sous l’impulsion de grandes familles cherchant à protéger leur terre. La puissance accumulée par certains clans fut telle, qu’au Xème siècle, un vent de sédition fit trembler le pouvoir central impérial. Le pouvoir impérial prit alors l’habitude de faire appel a de grandes familles de guerriers Minamoto (源), Tachibana, Taira (平)… afin d’assurer, la sécurité de ses membres, la stabilité les régions séditieuses et continuer la conquête des territoires du nord (Hokkaidô).
Le mot alors employé pour désigner cette garde rapprochée au service de la noblesse impériale était celui de « Saburai ». Il semble que le terme de « Samourai », qui fait son apparition plus tardivement, soit dérivé de ce terme.
Au XIIème siècle, tout change. En 1180 le Japon traverse une période de guerre civile nommée guerre de Gempei (源平合戦). De puissants clans de guerriers s’affrontent pour s’assurer le contrôle de la cour impériale. Chaque clan en présence les Minamoto (源) et les Taira (平) soutient un candidat différent au trône. Le 25 avril 1185, les Minamoto (源) emportent une victoire définitive sur le clan des Taira lors de la bataille navale « Dan-no-Ura ». Au moment même ou les Taira sont défaits, s’ouvre au japon une nouvelle ère nommée ère de Kamakura (1185 à 1333). Cette date, 1185, est éminemment importante dans l’histoire du Japon. Pour la première fois la caste des guerriers au Japon est suffisamment forte pour prendre le pouvoir et imposer un gouvernement militaire (bafuku). Le pouvoir restera entre les mains de cette caste guerrière jusqu’en 1868 (restauration).
Le Japon est complètement réorganisé au profit de ces familles de guerriers. Une noblesse militaire et héréditaire (buke) est créée en parallèle à la noblesse de robe (kuge). Cette nouvelle noblesse réorganise complètement la carte politique et économique du japon qui se trouve unifié sous la tutelle d’un Shôgun . L’empereur continue d’exister mais ne conserve qu’une position symbolique.
Au XVème siècle le pouvoir central du Shôgun est largement diminué suite à d’incessantes guerres de succession au sein de la famille des Ashikaga assumant alors cette position. Chaque seigneur (daimyô) à la tête d’une terre suffisamment vaste se lance alors dans des guerres de conquête à l’encontre de ses voisins. Bientôt des alliances vont se nouer. Elles seront à l’origine de la constitution de grand corps de troupe très structurés pouvant réunir plusieurs centaines de milliers de combattants. Cette période de trouble, qui marque l’apogée de la domination de la classe guerrière, se poursuivra jusqu’au XVIIème siècle. A partir de cette date, le japon unifié sous les canonnades de Tokugawa Ieyasu lors de la bataille de Sekigahara (20 Octobre 1600), va connaître une longue période de paix. C’est dans cette période de paix que va prendre naissance et s’épanouir la classe des samouraïs.
L’avènement de la classe des samouraïs.
Les Samouraïs sont au service d’un daimyô ou du Shôgun . Ils ont un rôle de protection et de police. Ils reçoivent en contrepartie de leur service une pension directement versée par leur seigneur auquel ils ont juré fidélité. Contrairement à la période antérieure ces guerriers se déplacent en kimono et non caparaçonné dans une armure. Ils formeront une élite militaire « respectant » des règles de vie et d’éthique très strictes. Ces règles, qui puisent leur source dans l’ancien code oral des « bushi » nommé Kyûba no Michi (voie de l’arc et du cheval), fut réformé couché par écrit dans un texte intitulé « Bushidô ».
Les samouraïs se distinguaient du commun par le port du chon-mage (coiffure particulière caractérisée par la tonsure d’une partie du crane) et du Daishô. Le daishô, privilège des samouraïs, est un ensemble de 2 sabres (un long (katana) et un petit).
La fleur de cerisier, fragile et éphémère, comme la vie d’un samouraï fut choisie comme le symbole de leur classe.
La classe des samouraïs subsista jusqu’aux premières années de la restauration Meiji en 1868. A cette date, partisans du Shôgun et de l’empereur s’affrontent et à travers eux ainsi que du système d’allégeance formulé à leur seigneurs (daimyô), les samouraïs. La victoire des partisans de l’Empereur Meiji marque le glas de la classe des samouraïs.
Dès 1869, le pouvoir impérial redessine la carte sociale du japon en instaurant 4 classes. La famille impériale (kôzoku), l’ancienne noblesse (kazoku), l’ancienne classe des samouraïs (shizoku) et le peuple (heimin).
En 1876 interdiction est faite de porter le double sabre et d’arborer le chon-mage (coiffure) privilège de la classe des samouraïs. En 1878 une grande réforme vient bouleverser l’organisation militaire. La conscription est mise en place mettant définitivement à mal la classe des samouraïs. Après quelques révoltes, ceux-ci, pour survivre, sont obligés de s’intégrer au système mis en place, en entrant dans la fonction public (police, armée…). Ils formeront la colonne vertébrale d’un japon en plein renouveau ayant besoin d’une élite disponible et éduquée. La classe des shizoku (士族) est donc progressivement assimilée au commun avant d’être abolie en 1947 lors de la promulgation de la constitution japonaise.
La vie privée du samouraï
Le statut de samouraï étant héréditaire, les fils de samouraï sont soumis à un enseignement et une discipline très stricte. Au cour de son apprentissage pétri des dogmes bouddhiste et zen, le jeune samouraï s’exerce aux arts de la guerre (équitation, maniement su sabre, tir à l’arc, lutte …), à l’écriture et à la lecture ainsi qu’à la maîtrise et au dépassement de soi.
Les samouraïs sont autorisés à se marier avec des femmes d’un rang égal ou supérieur et avec des roturières pour les samouraïs de naissance plus humble. Une dote est apportée par l’épouse au moment du mariage. Dans l’hypothèse où celle-ci est une roturière le samouraï payait une certaine somme ou donnait une exemption de taxe à la famille de la future épouse. Il était admis qu’un samouraï puisse avoir une maitresse. Bien que possible les divorces soient rares au sein de la classe des samouraïs, ils sont toujours possible aussi bien du côté de l’homme que de la femme (très rarement). Un divorce est néanmoins souvent mal venu et peut rapidement mettre dans l’embarras la personne ayant arrangé le mariage ou présenté les époux. Une des raisons possible au divorce était l’impossibilité d’avoir des enfants. Mais même dans cette hypothèse d’adoption est préférée.
Les fils issus du couple, seront samouraïs. Le nom donné au fils est souvent issu de l’association de plusieurs Kanji. Un Kanji provenant du père ou du grand-père et un nouveau kanji spécialement choisi.
Le samouraï étant souvent en « service », on attend de l’épouse d’un samouraï qu’elle ait la force et la connaissance nécessaire au maintien du domaine et qu’elle puisse assurer sa défense. A ce titre elle se doit d’être une bonne gestionnaire et de savoir manier les armes ( un long manche surmonté d’une lame: « Naginata » (なぎなた), long couteau : « kaiken ».
Sur le plan privé elle devait s’occuper des enfants et des parents et être tout à la fois humble, loyale et soumise. En dépit de cette « idéal » féminin cela n’empêchait nullement certaine femme de posséder influence et pouvoir.
A noter que les samouraïs se livraient à la pratique du shudō (衆道) (homosexualité). Cette pratique était encouragée au sein de la classe des samouraïs. Afin que ceux-ci conserve virilité et vertus.
La vie publique du samouraï
La vie du samouraï est entièrement tournée vers les arts de la guerre et sa relation envers son maître. Il devait dans ses actes obéir à un code moral très strict nommé « Bushidō » (la voie du guerrier – 武士道). Ce code est tourné vers la loyauté, l’honneur, le sens du devoir et du service, l’endurance et la persévérance. Si jamais un samouraï venait à perdre la face il pouvait retrouver son honneur au travers du seppuku (切腹) (suicide rituel).
La relation maître/serviteur revêt une telle importance qu’un samouraï sans seigneur est appelé « Rônin » (浪人). Cette situation pouvait subvenir lors du décès de leur seigneur, ou lorsque celui-ci avait commis une faute. Devenant « Rônin » le samouraï n’a plus de raison d’être, il n’appartient plus à sa classe, et est considéré comme un paria. Il se retrouve souvent démuni ou avec des moyens très modestes.
Les samouraïs se distinguaient du commun par le port du daishô. Le daishō (大小) est le nom donné au couple de katana :« tachi » (太刀) et wakizashi (脇差). Le premier est un sabre à longue lame l’autre possède une lame plus courte. La lame du « tachi » était originellement droite. Ce n’est qu’avec le temps qu’elle prit sa forme courbe que nous lui connaissons aujourd’hui. L’association de ces deux sabres était le privilège et le signe distinctif d’appartenance à la classe des samouraïs.
Les samouraïs utilisaient bien d’autres armes de jets et de points comme l’arc « Yumi » (弓), le sabre « tachi » (太刀), une sorte de faux « naginata », la lance « yari » (槍)… Au total plusieurs dizaines d’armes différentes étaient utilisées par le samouraï.
De clickjapan
L’armure des samourais
LA DESCRIPTION :
L’armure Japonaise peut être divisée en trois grandes parties complémentaires :
- La protection de la tête :

Elle est assurée principalement par le casque ( Kabuto ). Celui-ci est muni d’un protège-nuque ( Shikoro ) large, totalement articulé et qui protège le cou sur 3 côtés. La visière ( Maebashi ) en métal durci protège les yeux, ainsi que les deux ailettes latérales ( Fukigaeshi ). Sur celles-ci sont gravés les Mon ( armoiries ) du Bushi. Sur le dessus du casque un trou ( Tehen ) permet de faire passer soit la chevelure, soit le Eboshi ( coiffe traditionnelle ). Enfin, le casque s’orne de grandes cornes en métal ( Kuwagata ) réservés aux Bushis de haut rang.L’avant du visage est protégé par un masque ( Hôate ), en acier ou en bois, destiné à effrayer l’ennemi par des moustaches ou des dents menaçantes. Enfin, le protège cou ( Nodowa) protège de la décapitation en complément du protège nuque
- La protection du corps :

Elle est constituée de deux parties. La cuirasse d’abord ( Dô ) est l’élément le plus solide de l’armure, car destiné à recevoir le plus grand nombre de coups de sabres. Formée de deux plaques de fer distinctes pour l’avant et l’arrière du torse, l’ensemble s’appelle Ô Yoroi. Assez lourde car très solide, elle convient parfaitement aux cavaliers munis d’arcs. Mais quand les Bushis combattent de plus en plus à pied, la cuirasse de style Dômaru bien plus légère s’impose. Constituée de plusieurs lamelles d’acier, elle se ferme sur le côté droit. A partir de 1400, une cotte de maillevient protéger le corps, les épaules, et surtout les bras.La deuxième partie est une jupe d’armes de 7 plaques de fer ( Kusazuri) protégeant le ventre et les hanches. Très mobile, elle permet au Bushi de se déplacer très facilement, même sur des plans inclinés. Deux plaques protègent l’avant du guerrier et deux autres plaques ses hanches. Trois autres plaques, enfin, à l’arrière assurent une protection complète du guerrier.
La protection des membres :

Très peu protégés au début, pour assurer une agilité maximale, les bras et les jambes des Bushis vont être peu à peu recouverts, comme le reste du corps. Les bras sont tous d’abord couverts d’un brassard ( Kote ) muni de plaques de fers cousues. L’ensemble se prolonge jusqu’au doigts, le dos de la main étant protégé, elle-même, par une plaque de métal. Puis de grandes plaques ( Sode ) viennent protéger les épaules du Bushi. Lourdes et parfois encombrantes, elles sont remplacées vers 1350 par des protections épousant la forme des épaules et bien plus légères.Les jambes sont également couvertes, mais avec deux accessoires différents. Le haut des cuisses, déjà en partie protégées par le Kusazuri, sont renforcées par deux plaques avant ( Haidate ). L’ensemble forme ainsi une double épaisseur. Les tibias, eux, sont recouverts par les plaques d’acier moulés ( Suneate ) lacées à l’arrière. Quant aux pieds, ils sont parfois protégés par des chaussons en fourrure, pour les cavaliers, mais le plus souvent chaussés dans de simples sandales de toile.
Exemples d’armure :


